Expert bâtiment indépendant

Expertise avant achat : voir ce que les diagnostics ne regardent pas

Le dossier de diagnostic technique est complet sur ce qu’il couvre. Il ne couvre simplement pas la structure du bâtiment.

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À retenir
  • Les diagnostics obligatoires remis par le vendeur traitent de santé, de sécurité et d’énergie. Aucun ne porte sur les fondations, la structure ou la charpente.
  • L’acquéreur non professionnel dispose d’un délai de rétractation de 10 jours après la notification de l’avant-contrat. C’est la fenêtre la plus confortable pour faire examiner le bien.
  • Après la vente, un défaut grave et non apparent peut relever de la garantie des vices cachés, mais entre particuliers une clause d’exclusion est fréquente et souvent valable.
  • Les travaux de moins de dix ans restent couverts par la garantie décennale, et cette garantie suit le bien : encore faut-il savoir qu’ils existent et disposer des documents.
  • Tarif affiché en ligne, à partir de 590 EUR TTC. Expert assigné sous 48 h ouvrées dans nos zones couvertes, rapport sous 10 jours ouvrés après la visite.

Ce que le dossier de diagnostic technique ne dit pas

Le vendeur vous remet un dossier épais. Sa complétude apparente est ce qui trompe le plus souvent l’acheteur.

Le dossier de diagnostic technique est encadré : chaque diagnostic répond à une question précise, posée par le législateur pour une raison précise. L’amiante et le plomb protègent la santé des occupants. Les états de l’installation de gaz et d’électricité protègent leur sécurité. Le diagnostic de performance énergétique renseigne la consommation. L’état des risques informe sur l’exposition de la parcelle.

Aucune de ces questions n’est « ce bâtiment tient-il ? ». Un diagnostiqueur n’a ni la mission, ni le mandat d’apprécier une fissure, un affaissement de plancher, une charpente déformée ou une toiture en fin de vie. Il peut les voir et ne rien en dire, sans commettre la moindre faute : ce n’est pas son objet.

C’est exactement l’espace que couvre une expertise avant achat. Elle ne remplace aucun diagnostic obligatoire et ne les refait pas. Elle répond à la question que personne d’autre n’a été mandaté pour poser.

QuestionQui y répondCompris dans la vente
Y a-t-il de l’amiante, du plomb, des termites ?Diagnostiqueur certifiéOui, à la charge du vendeur
L’installation électrique et gaz est-elle sûre ?Diagnostiqueur certifiéOui, à la charge du vendeur
Quelle est la performance énergétique ?Diagnostiqueur certifiéOui, à la charge du vendeur
Cette fissure est-elle structurelle ?Expert bâtimentNon
Cette charpente ou ce plancher sont-ils sains ?Expert bâtimentNon
Cette humidité vient-elle d’où ?Expert bâtimentNon

Ce qu’un expert regarde pendant la visite

L’examen est visuel et non destructif : il ne perce pas les murs, il lit ce que le bâtiment montre.

Une expertise avant achat n’est pas une inspection à la loupe de chaque prise et de chaque joint. C’est une lecture d’ensemble, orientée par ce que le bâtiment raconte de lui-même. Un expert entre avec en tête l’époque de construction, le mode constructif, la nature du sol de la commune et ce que le vendeur a déclaré.

Les points qui décident

  • La structure. Orientation et largeur des fissures, désaffleurement, planéité des sols, jeu des ouvertures. Une porte qui frotte n’est pas anodine.
  • Les traces d’eau. Auréoles, sels, décollements en bas de mur, odeur de cave. L’enjeu est l’origine, pas la tache : traiter la mauvaise cause coûte deux fois.
  • La toiture et la charpente. Déformation de faîtage, tuiles déplacées, état des bois accessibles, isolation en combles.
  • Les extensions et surélévations. Ce sont les zones les plus souvent en cause : reprise en sous-œuvre absente, liaison mal traitée, permis introuvable.
  • L’environnement immédiat. Végétation proche des fondations, pente du terrain, évacuation des eaux pluviales, mitoyenneté.

Ce que l’expertise ne fait pas

Le dire clairement vaut mieux que de le découvrir après.

  • Elle n’ouvre pas les murs, ne dépose pas de revêtement et ne sonde pas le sol : ce qui est totalement dissimulé reste hors de portée.
  • Elle ne remplace ni un diagnostic réglementaire, ni une étude de sol, ni une estimation de valeur.
  • Elle ne garantit pas l’absence de défaut. Elle établit ce qui est visible, ce qui est probable, et ce qui reste à vérifier.

À quel moment la faire ?

Le meilleur moment est celui où vous pouvez encore renoncer ou renégocier sans rien perdre.

L’acquéreur non professionnel qui achète un logement dispose d’un délai de rétractation de dix jours à compter du lendemain de la notification de l’avant-contrat. Pendant ces dix jours, il peut se retirer sans motif et sans pénalité. C’est la fenêtre la plus sûre : le bien est réservé, la pression de la concurrence est retombée, et le retrait reste sans conséquence.

Faire intervenir un expert avant même l’offre est possible et parfois préférable sur un bien manifestement fatigué, mais suppose l’accord du vendeur pour une visite longue. Après la signature définitive, l’expertise garde son utilité pour chiffrer et documenter, mais le levier de négociation a disparu.

MomentCe que vous pouvez encore faireDifficulté
Avant l’offreRenoncer, ajuster votre offreObtenir une seconde visite longue
Pendant les 10 jours de rétractationVous retirer sans motif ni fraisLe calendrier est court
Entre l’avant-contrat et l’acteRenégocier, faire lever une réserveDépend des clauses signées
Après l’acteChiffrer, documenter, agir en garantieLe prix est fixé

Si le défaut apparaît après la vente

La garantie des vices cachés existe, mais elle est plus étroite que ce que l’on imagine.

Le vendeur doit garantie à l’acquéreur des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à son usage, ou qui en diminuent tellement l’usage que l’acquéreur ne l’aurait pas acquise, ou en aurait donné un moindre prix. C’est le principe de la garantie des vices cachés posée par le Code civil. L’action doit être intentée dans les deux ans à compter de la découverte du vice.

Trois conditions se cumulent, et chacune se démontre : le défaut doit être antérieur à la vente, caché au moment de celle-ci, et suffisamment grave. Une fissure visible depuis le jardin n’est pas cachée. Un désordre apparu après un épisode de sécheresse postérieur n’est pas antérieur.

Surtout, entre particuliers, le contrat comporte presque toujours une clause excluant la garantie des vices cachés, et cette clause est en principe valable. Elle tombe si le vendeur connaissait le vice et l’a dissimulé, ce qui se démontre rarement sans pièces. C’est la raison la plus concrète de faire examiner un bien avant de signer plutôt que d’espérer un recours après.

Les travaux récents suivent le bien

Une garantie décennale en cours est un actif que beaucoup d’acheteurs ignorent avoir acquis.

Les ouvrages réalisés depuis moins de dix ans restent couverts par la garantie décennale pour les désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Cette garantie est attachée à l’immeuble : elle bénéficie aux propriétaires successifs, donc à vous après l’achat.

Encore faut-il pouvoir l’actionner. Cela suppose de savoir quels travaux ont été faits, quand, par qui, et de disposer de l’attestation d’assurance de l’entreprise. Réclamer ces pièces avant la signature coûte un courriel. Les reconstituer après, quand l’entreprise a disparu, est souvent impossible.

  • Demandez les factures des travaux des dix dernières années, avec la date de réception.
  • Demandez l’attestation d’assurance décennale de chaque entreprise intervenue.
  • Pour une extension ou une surélévation, demandez le permis et la déclaration d’achèvement.
  • En copropriété, demandez les procès-verbaux d’assemblée des trois dernières années : ils révèlent les travaux votés et les litiges en cours.

Ce que cela coûte, et ce que cela déplace

Le montant se compare rarement au prix du bien, mais à celui du poste que l’on n’avait pas vu.

L’expertise avant achat est vendue comme une expertise bâtiment, à partir de 590 EUR TTC, tarif affiché en ligne avant toute commande. Le rapport est remis sous dix jours ouvrés après la visite, l’expert étant assigné sous 48 h ouvrées dans nos zones couvertes.

La comparaison utile n’est pas avec le prix d’achat mais avec le coût des postes qui se découvrent après : une reprise en sous-œuvre, une charpente à remplacer, un assainissement non conforme. Ce sont des ordres de grandeur sans commune mesure avec celui d’une expertise.

Le rapport a aussi une fonction que l’on sous-estime : il donne une base factuelle à une renégociation. Discuter un prix avec un constat technique daté et motivé n’est pas la même conversation que discuter une impression.

FAQ

Questions fréquentes

Les diagnostics obligatoires ne suffisent-ils pas ?
Ils sont complets sur ce qu’ils couvrent, mais aucun ne porte sur la structure. Amiante, plomb, termites, gaz, électricité, performance énergétique et état des risques répondent à des questions de santé, de sécurité et d’énergie. La solidité du bâti n’en fait pas partie et n’est examinée par personne dans le cadre de la vente.
Puis-je faire venir un expert pendant le délai de rétractation ?
Oui, et c’est en général le meilleur moment. L’acquéreur non professionnel dispose de dix jours après la notification de l’avant-contrat pour se rétracter sans motif ni pénalité. Le bien est réservé et le retrait reste sans conséquence, ce qui donne une liberté de décision que l’on n’a plus ensuite.
Le vendeur peut-il refuser la visite d’un expert ?
Rien ne l’y oblige avant la signature d’un avant-contrat. En pratique le refus est rare, et il est en lui-même une information. Une fois l’avant-contrat signé, l’accès pour une visite d’expertise se négocie généralement sans difficulté, surtout si la clause a été prévue.
Si je découvre un défaut après l’achat, ai-je un recours ?
Éventuellement au titre de la garantie des vices cachés, dans les deux ans de la découverte, à condition de démontrer que le défaut était antérieur à la vente, non apparent et suffisamment grave. Mais entre particuliers le contrat exclut presque toujours cette garantie, et cette exclusion est en principe valable sauf si le vendeur connaissait le défaut.
L’expertise garantit-elle qu’il n’y a aucun problème ?
Non, et aucun expert sérieux ne l’affirmera. L’examen est visuel et non destructif : ce qui est totalement dissimulé derrière un revêtement ou sous le sol reste hors de portée. Le rapport établit ce qui est visible, ce qui est techniquement probable au vu des indices, et ce qui resterait à vérifier par un sondage.

Sources utiles

Les références officielles sur lesquelles s’appuie cette page.

Farah PHAN
Rédigée parFarah PHAN, cofondatrice d’ExpertGo. Page relue avec des experts bâtiment partenaires, qualifiés en pathologie du bâtiment.